10/11/2016
Ils ont construit 7 nouvelles écoles dans le cadre du programme Écoles de demain. La dernière de la série a été livrée le mois dernier. Toutes les autres écoles sont désormais pleinement opérationnelles. Une bonne raison de s’entretenir avec Yves Demaertelaere, administrateur et responsable du secteur de l’enseignement ordinaire au sein de l’organisme gestionnaire Frères de la Charité.
Félicitations pour vos 7 Écoles de demain livrées. Avez-vous déjà visité ces nouveaux bâtiments ? Et si oui, quelles sont vos premières impressions ?
Yves Demaertelaere : « Bien sûr, j’ai déjà pris le temps de visiter les nouveaux bâtiments. Tout le monde est fier que plusieurs écoles disposent désormais d’un nouveau bâtiment pour dispenser un enseignement moderne et de qualité chez les Frères de la Charité. Car l’espace fait toute la différence. Les nouveaux bâtiments dégagent une atmosphère très différente de celle des anciens. Il s’agit d’une architecture moderne, baignée de lumière, ouverte, chaleureuse et aux couleurs vives, ce qui contraste fortement avec ce que nous avions auparavant. »
Quelles réactions entendez-vous sur le terrain, de la part des directions, des équipes qui travaillent quotidiennement dans les nouveaux bâtiments scolaires ?
Demaertelaere : « Principalement positives. Les directions et les enseignants sont ravis car leur lieu de travail, de vie et d’apprentissage offre une atmosphère rafraîchissante. Un bâtiment aussi bien entretenu contribue à créer un environnement stimulant où l’on peut travailler avec enthousiasme. »
En quoi une infrastructure moderne et adaptée est-elle importante pour les objectifs de votre enseignement ? Votre programme pédagogique a-t-il été bien transposé dans le bâtiment final ?
Demaertelaere : « Un enseignement de qualité exige une infrastructure de qualité. Plus qu’auparavant, le confort didactique est indispensable. Les espaces doivent permettre des formes de travail alternatives. Ils doivent pouvoir s’adapter de manière flexible aux besoins de divers types de groupes et de compositions, d’autant plus que nous les ouvrons également à la communauté locale. Il faut une bonne infrastructure informatique. Il faut de la lumière et de l’air. Un bâtiment ne doit pas seulement être fonctionnel. Il doit aussi inspirer. Si l’espace dégage calme, clarté et transparence, on pense différemment. L’interaction des personnes avec leur environnement donne naissance à une âme. Dans un tel climat, les élèves ont envie d’apprendre et viennent à l’école avec plaisir. Je pense que les architectes ont très bien réussi à traduire cette vision pédagogique en un concept architectural. »

En ce qui concerne le processus DBFM, comment cela s’est-il passé pour vous ?
Demaertelaere : « Puis-je répondre de manière nuancée ? Grâce au DBFM, nous avons sept nouvelles écoles en l’espace de 10 ans. C’est du jamais vu au sein de notre organisation. Nous sommes satisfaits du concept global, mais cela n’empêche pas de formuler des points à améliorer. Le DBFM n’est pas une procédure facile. Lorsque nous avons pris le train du DBFM en 2007, tout n’était pas encore clair. Personne n’avait d’expérience en la matière. Ni nous, ni les entrepreneurs. Le coût final et la procédure exacte, par exemple, n’étaient pas encore suffisamment clairs. Au départ, on partait du principe que nous pourrions construire à environ 90 % du coût normal. Cela s’est avéré trop optimiste.
En tant qu’autorité organisatrice, avez-vous eu suffisamment votre mot à dire et les bâtiments scolaires répondent-ils aujourd’hui aux besoins et aux attentes que vous aviez au départ ? Avez-vous été bien accompagnés à chaque étape importante ?
Demaertelaere : « Au cours du processus de construction, nous avons d’ailleurs parfois eu l’impression que les procédures et les règles juridiques primaient sur la réalisation du projet de construction, mais nous avons toujours réussi à trouver une solution. Cela tenait surtout à la bonne collaboration entre vos services et notre service des bâtiments. Le principal avantage du DBFM reste qu’il s’agit d’une procédure plus rapide que le subventionnement classique de l’AGIOn. »

J’ai entendu à plusieurs reprises que les besoins en infrastructures restent importants au sein des Frères de la Charité… Quels sont vos projets à ce sujet, dans un avenir proche ou lointain ? Si possible, opteriez-vous à nouveau pour une approche telle que celle des Écoles de demain – et quels sont, selon vous, les principaux avantages ou inconvénients de cette approche ?
Demaertelaere : « Le patrimoine scolaire des Frères de la Charité n’est pas différent de celui de la Flandre en général. Nous avons effectivement encore des besoins en infrastructures pour lesquels nous recherchons des solutions abordables. Une formule de PPP est envisageable, surtout si le subventionnement est adéquat. La charge financière totale sera le facteur déterminant. En réalité, le concept de construction en PPP devrait pouvoir être moins coûteux qu’il ne l’était jusqu’à présent. Nous sommes prêts à envisager de nouvelles formules à condition que la perspective à long terme offre suffisamment de garanties quant à une efficacité et un coût inférieurs à ceux du financement classique. »
En quoi et dans quels domaines (positifs et négatifs) l’approche « Écoles de demain » diffère-t-elle pour vous, en tant qu’autorité organisatrice, par rapport au financement classique ?
Demaertelaere : « Comme je l’ai déjà dit, le principal atout est la rapidité. Réaliser un projet de construction via un financement classique prend facilement 15 ans. Le DBFM est plus rapide, même si la promesse initiale de 3 à 5 ans n’a pas été tenue. Pour la réalisation complète des sept projets, nous avons tout de même mis 9 ans avec le DBFM. »